• Les clichés se meurent

    À l’ère des grands scandales bancaires, financiers, politiques, je m’étonne toujours de constater que malgré ces faits, les gens continuent de croire en ces institutions et d’y faire affaire.

     
    L’argent est un outil d’échange, certes. C’est pourquoi il se réfère à la parole. Elle symbolise et signifie mouvement, résonance, actualisation. Elle donne forme, installe un état d’Être, véhicule une vibration. Bref, elle fait bouger. L’or et son silence pèsent lourd. Il valent cher l’once. Métal précieux qui se déplace rarement et lentement. Il a une fonction d’inertie sur laquelle on peut miser. Il garantit le dépôt des échanges silencieux, discrets, comme le secret pour fonction. Parce que « qui ne dit mot consent », l’or achète tous les non-dits, les demi-vérités, le caché, le clandestin.

    La balance penche régulièrement de son côté. Pour rétablir l’équilibre, il faut beaucoup d’argent, un flot de paroles pour faire se mouvoir ce nœud d’inaction et de dissimulation.

    L’argent et la parole agissent au quotidien concrètement. L’or se morfond dans la spéculation. Il vit dans les ténèbres des coffres-forts de l’insécurité. Il ne veut pas être touché ni déplacé. Il compte sur les écrits pour ralentir ses déplacements réels, préférant de loin le virtuel. Ainsi, par ses présences rares à la lumière, il monte en valeur. Peu de gens le côtoient et ces derniers ont la liberté de boursicoter n’importe quoi à son sujet. Moins il est en vue sur la place du marché et plus il est en demande, sa réputation d’abondance en taisant ses transactions font l’envie de tous. La parole, elle, est richesse lorsqu’elle ne sert pas à dorer, enluminer ou occulter les actions. Elle se partage, circule, s’échange. Fermer la bouche pour ne pas dire c’est accumuler dans le but de ne pas faire profiter sa vérité. L’argent qui dort, la parole qui s’éteint souhaite faire fructifier dans le silence un gain ou plutôt éviter une perte. Les grands argentiers de ce monde font partie de sociétés secrètes.



    Ainsi, tout le monde en a marre de voir les records de bénéfices astronomiques des banques, des multinationales? Marre d’avoir des frais de services pour déposer ou retirer son propre argent? Marre d’acheter des produits de plus en plus chers et de moins en moins de qualité? Paraît que non. L’écoeurement n’a pas atteint encore ses limites. C’est clair. La preuve? Bien, les gens préfèrent continuer de rouspéter, de crier au vol, tentent de trouver des stratégies de poursuites, de condamnations, en appellent au gouvernement, aux lois et tutti quanti. Franchement pas sérieux. Est-ce qu’il y a quelqu’un dans la salle qui a pensé à suggérer à l’ensemble des indignés qu’ils pouvaient se retirer de tous les instituts qui les volent? À quoi sert de crier sur les toits le mot Liberté si ce n’est pour ne pas s’en servir? On dirait que le concept de liberté ne s’utilise que pour l’expression et qu’il devient caduc lorsqu’il s’agit de passer à l’action!

    Pourquoi, si les banques nous volent, continue-t-on de les encourager? Qui nous empêche de cesser d’y mettre notre argent? J’ai beau chercher depuis des années, je n’ai trouvé personne. Et que dire de l’usure, de l’intérêt? Je me répète, mais qui d’entre vous a déjà emprunté une paire de souliers à unE amiE pour quelques jours et qu’en retour vous deviez en remettre deux paires? Et on continue de fonctionner dans ce système, coupable par consentement. Vous consentez à être exploité de la sorte? Une seule option reste possible: vos gueules! Vous voulez en sortir? Sortez-en. Comment faire? Retirer son argent, fermer ses comptes. Pas plus compliqué que ça. Se plaindre est une perte de rentabilité, c’est parler pour ne rien dire. Pas besoin d’or pour être riche, suffit de commencer à ne plus donner son argent inutilement. Oui mêêêê, de kessé qu’on va faire?, se dépêche de bêler le mouton. Euh, autre chose peut-être?



    Encore une pensée figée dans le statisme. L’être humain a un potentiel infini, illimité de créativité et il ne serait pas en mesure de fonctionner autrement que par un système totalement illusoire et voleur? Ce n’est pas les ressources qui lui manquent. Nous pouvons arrêter de contribuer au silence et à la mafia qu’est l’argent public officiel. De nombreux systèmes d’échanges, de trocs existent sur cette planète. Pourquoi un seul système régirait-il notre vie en entier? Ça ne fait aucun sens. Si l’argent est un outil d’échange, n’importe quel échange peut être une forme d’argent. Il s’agit de créer sa propre monnaie. Ou d’évaluer ce que chacun vaut dans son domaine et transiger selon sa valeur réelle dans la mesure de ses compétences. La parole perd sa cote. Autrefois elle était la monnaie courante sur laquelle tout était entendu. Nous l’avons abandonnée au profit du crédit, des chèques, du virtuel.

    Nous avons perdu confiance en la parole. Elle n’a plus de poids. Elle est même suspecte. La confiance en l’autre n’a plus beaucoup d’espace en soi, au contraire, sans des artefacts officieux la méfiance prend de la valeur. Tout le monde se méfie de tout le monde. Nos mains qui négocient à grands coups de stylo doivent avoir rubis sur ongle pour apposer sa signature. Et encore faut-il avoir un pécule de ramassé, une garantie. Comment voulons-nous être en relation avec autrui de manière sincère et franche dans nos échanges de toutes sortes et affirmer que notre coffre à outils ne contient qu’un seul outil, l’argent des banques? À ce compte-là, nous serions tous des faux-semblants parce que nous serions tous achetables par consentement.



    Une règle d’or en finance pour éviter intérêts et appauvrissement c’est d’acheter uniquement ce qui nous est nécessaire, de le payer comptant en argent sonnant. Ne plus jamais acheter à crédit. Être confortable financièrement commence par le fait de n’avoir aucune dette. Garder votre liquidité en dehors des banques n’augmente pas les risques de se le faire voler. Ce sont les banques qui volent. Se faire confiance en totalité pour mettre en place des systèmes dynamiques d’échanges et de confiance entre humains responsables et conscients. Nous sommes des banques ambulantes de réserves et de puissance. Voulons-nous continuer de perdre en actualisant plus nos forces et nos ressources profondes? Je dresse le bilan et mets mon livret de capacités à jour.

    ÉDITIONS 180 DEGRÉS

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